De son lancement en 2003 à nos jours: L'histoire de la Korea Rugby League

Dernière mise à jour : 15 nov.


En 2002, la Corée du sud est au sommet du rugby en Asie. Ses équipes nationales viennent de remporter deux médailles d'or aux jeux asiatiques de 2002, avec notamment une victoire en finale dans le tournoi à XV face au grand rival japonais (45 à 34).


Mais tout cela n'est rien d'autre que l'arbre qui cache la forêt. Car la Corée du sud est un nain comparé au Japon. La Korea Rugby Union n'a pas les mêmes moyens que la Japan Rugby Football Union: Elle compte seulement trois clubs corpos contre plus de 300 pour la JRFU et 1 000 licenciés contre 120 000 chez le grand voisin.


De plus le sentiment de crise est présent alors que la Korea Electric Power Corporation envisage de dissoudre son équipe de rugby (la moyenne d'âge des joueurs dépasse les 35 ans). Face à cette menace, la fédération sud-coréenne de rugby décide de fusionner les championnats corpos et universitaires pour former une seule ligue: La Korea Rugby League.


Le lancement officiel de la Korea Rugby League


La Korea Rugby Union fait cette grande annonce à la presse le 29 avril. Le championnat est lancé le 3 mai 2003 dans un format de ligue complet avec 7 clubs: Samsung SDI, Pohang Steel, KAFAC, Korea Univ., Yonsei Univ., Kyung Hee Univ. et Dankook Univ..


Chaque équipe joue six rencontres. Samsung SDI devient le premier champion de rugby de l'histoire du pays et conserve son titre en 2004. La Korea Super Rugby League passe à 8 clubs en 2005 avec l'intégration de KEPCO dont l'équipe de rugby n'a pas été dissoute.


Cette saison sera remportée par les militaires de la KAFAC. En 2006, la Korea Rugby Union décide ne pas faire jouer le championnat pour concentrer l'équipe nationale sur les qualifications de la coupe du monde de rugby en France.


2007 va marquer un nouveau grand changement pour la Korea Rugby League. La Japan Rugby Football Union vient de mettre en place les quotas de joueurs asiatiques en Top League et les meilleurs internationaux sud-coréens signent au Japon.


Le manque de réservoir se fait sentir et plusieurs clubs font défaut. Le championnat adopte un nouveau format avec 6 équipes divisées en deux poules, la A (Daesim, Korea Univ. et Yonsei Univ.) et la B (KAFAC, Dankook Univ. et Kyung Hee Univ.).


C'est à cette époque que Daesim fait ses premiers pas dans la ligue. Ce nouveau club, créé par Shim Cheol (président de Daesim Trading), permet à de nombreux jeunes espoirs de jouer (14 signent même un contrat professionnel) pour pouvoir évoluer dans la ligue locale avant de partir ensuite en Top League japonaise.


Trois tournois étaient prévus mais un seul aura lieu, plusieurs équipes déclarant forfait dû au manque de joueurs. La KAFAC remporte son deuxième titre national. En 2008, il y a un nouveau changement majeur. Les clubs corpos et universitaires sont séparés.


La Korea Rugby League fusionne avec la National Spring League et devient la Korea Spring League. La saison 2008 se compose de cinq équipes: KAFAC, Samsung SDI, KEPCO, Pohang Steel et Daesim. Samsung SDI remportera son 3ème titre de champion du pays.


Mais le manque de réservoir pèse de plus en plus. La saison 2009 se joue avec seulements 3 clubs qui joueront chacun deux matchs: KAFAC, KEPCO et Daesim. Et c'est KEPCO qui gagnera le championnat cette année-là.


La saison 2010 se jouera à quatre clubs avec les retours de Samsung SDI et de la KAFAC, Daesim ayant déposé le bilan après de trop grandes difficultés financières. POSCO (anciennement Pohang Steel), fête sa naissance avec son premier titre national.


On retrouve les quatre mêmes clubs en 2011. Cette saison-là sera très serrée et ce sera POSCO qui gagnera son 2ème titre consécutif de champion de Corée du sud grâce à un meilleur goal-average que Samsung SDI (les 2 équipes avaient fait match nul 23 à 23).


Durant la saison 2012, Incheon City Sports Association fera une très courte apparition en prenant la place de la KAFAC. Samsung SDI prendra quant à lui sa revanche et remportera son 4ème titre de champion de rugby de Corée du sud.


Le rugby sud-coréen au bord de la disparition


Pendant ce temps, les présidents à la tête de la KRU se succèdent, échec après échec et le nombre de licenciés n'évoluent pas. Cela s'en ressent sur les clubs de la Korea Spring League qui ne sont que trois en 2013 et 2014: Samsung SDI, KEPCO et POSCO.


KEPCO gagnera ces deux éditions mais le rugby sud-coréen est au plus mal. En janvier 2015, Samsung Heavy Industries décide de dissoudre son équipe de rugby après des pertes records de la société mère. Samsung Heavy Industries était l'ossature de l'équipe nationale de la Corée du sud et était composée de nombreux joueurs professionnels.


Le club avait ainsi un budget annuel de 1,5 millions d'euros. Sa disparition est un véritable coup de poignard pour le rugby sud-coréen qui est alors au bord de la disparition. Une bonne nouvelle viendra en décembre 2015 avec la grande annonce de la création et du lancement du club de rugby de Hyundai Glovis. Ce dernier recrutera en priorité de nombreux joueurs de l'équipe de rugby disparue de Samsung Heavy Industries.


Mais il va falloir beaucoup de temps pour reconstruire le rugby local. Ainsi, la Korea Spring League n'a pas lieu en 2015 et en 2016. C'est dans ces conditions dramatiques que l'équipe nationale de rugby à XV de Corée du sud va réaliser le plus grand exploit de son histoire en remportant un test match face au Chili (38 à 36) le 18 novembre 2016.


Le championnat sud-coréen de rugby fait son grand retour trois ans après en 2017 avec trois équipes: KEPCO, POSCO et Hyundai Glovis. KEPCO gagne son 4ème titre national, le 3ème consécutif. A partir de 2018, le championnat rebaptisé Korea Rugby League change de nouveau de formule et se déroule en quatre tournois.


Il voit aussi le retour sept ans après de la KAFAC. La saison verra trois champions différents: KEPCO (1er et 4ème tour), Hyundai Glovis (2ème tour) et les militaires de la KAFAC (3ème tour). 2019 voit toujours la même formule mais le manque de réservoir de joueurs fait qu'il n'y aura que deux tournois. Hyundai Glovis remporte le 1er tournoi et POSCO le 2ème.


A partir de 2020, le rugby sud-coréen est frappé comme toute l'Asie par la pandémie. La Korea Rugby League se résumera à deux matchs, une 1/2 finale et une finale puisque POSCO déclare forfait. Hyundai Glovis gagnera son 3ème titre national.


Un nouvel espoir:


En 2021, c'est KEPCO qui déclare forfait (faute de suffisamment de joueurs) et c'est POSCO qui devient champion du pays. Nouveau président de la Korea Rugby Union en janvier 2021, Choi Yoon décide de créer une nouvelle ligue: La Korea Super Rugby League.


La saison se déroule sur six journées, chaque club jouant six matchs (phase régulière aller/retour). Les effectifs des équipes passent à au moins 30 joueurs (avec le renfort de joueurs universitaires) pour assurer le bon déroulement du championnat.


Grâce à de nombreux sponsors, la Korea Rugby Union met les moyens sur la promotion et la diffusion de la nouvelle ligue. Et pour la première fois, les entrées au stade deviennent payantes pour regarder un match de rugby en Corée du sud. Le pari du président Choi Yoon est gagnant avec 930 spectateurs au plus fort lors de la 5ème journée.


KEPCO, avec un effectif monstrueux, a déroulé et a ainsi gagné le 6ème titre de champion de Corée du sud de son histoire. Pour la saison 2023, les premiers contrats professionnels vont être mis en place avec notamment la signature de nombreux joueurs étrangers et la Korea Super Rugby League va passer à 5 clubs avec l'arrivée d'OK Financial Group.


La nouvelle ligue pourra s'appuyer qui plus est sur le retour en masse du Japon des internationaux sud-coréens comme par exemple Na Kwan Young et Chang Yong Heung qui ont signé il y a quelques mois chez KEPCO. Après 15 ans d'existence, les dirigeants japonais ont décidé de mettre fin au quota des joueurs asiatiques dans leur championnat.


Qui plus est, le gouvernement sud-coréen et la Korea Rugby Union travaillent actuellement dans l'ombre pour la création et le lancement de plusieurs nouveaux clubs corpos. L'objectif sur le long terme est d'établir un championnat solide qui montera en puissance et qui va permettre de grossir le réservoir de joueurs pour l'équipe nationale.


Le président Choi Yoon a annoncé que la Korea Rugby Union, désormais dotée d'un important budget grâce à près de 30 sponsors majeurs de grandes entreprises nationales, va mettre le paquet financièrement l'an prochain car 2023 n'est pas une année au hasard. Elle va marquer les 100 ans du rugby sud-coréen.

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