Wataru Murata a-t-il enfin son digne successeur en France?


Alors que Kotaro Matsushima vient d'arriver à Clermont avec qui il évoluera les deux prochaines saisons en Top 14, retour sur l'histoire des joueurs nippons qui sont venus jouer en France, avec des hauts et surtout des bas.


Tout débute en 1999 avec l'arrivée à l'Aviron Bayonnais du 1/2 de mêlée Wataru Murata. A 31 ans, l'international japonais (24 caps alors) arrive tout droit de Toshiba Fuchu (1990-1999) avec qui il a remporté le tournoi national des sociétés (1997 et 1998), l'All Japan Championship (1997, 1998 et 1999) et la East League (1993, 1996 et 1997).


Il devient le premier joueur nippon de rugby professionnel de l'histoire en signant un contrat de deux ans. Wataru Murata va briller en Elite 2 (2ème division français à cette époque) et laisser une trace énorme derrière lui. 20 ans après, il est toujours considéré comme le meilleur 1/2 de mêlée de l'Aviron Bayonnais.


Cela fait des émules et d'autres clubs français vont signer des joueurs japonais. Tout d'abord en l'an 2000, Colomiers recrute l'ailier Yoshihito Yoshida (31 ans). Ce dernier devient le premier nippon à débarquer dans le Top 16 (division élite du rugby français).


Arrivant de Isetan (1991-2000), l'international nippon (31 caps), star universitaire fin des années 80 et du début des années 90 avec Meiji Univ., va être le premier échec dans le pays. Il repartira au Japon au bout d'une saison.


En 2002, c'est au tour de Montferrand (Clermont aujourd'hui) de signer la star du rugby japonais, l'ailier Daisuke Ohata (Kobe Steel 1998-2002). L'international nippon (29 caps alors), reconnu alors comme l'un des meilleurs joueurs au monde à son poste, est un échec total. Comme son prédécesseur, la différence de culture et la barrière de la langue (il ne parle ni le français et ni l'anglais) ont été un frein trop grand.


Derrière, Daisuke Ohata retournera dès 2003 au Japon chez Kobe Steel et deviendra la légende que l'on connaît désormais en club et en sélection (recordman actuel du nombre d'essais pour un joueur sous un maillot national).


Mais cela n'empêchera pas de voir d'autres joueurs nippons de venir en France. Colomiers va signer deux autres internationaux japonais: en 2002 le 3ème ligne Yuya Saito (25 ans, Suntory Sungoliath, 9 caps) et en 2006 l'arrière Kensuke Iwabuchi (30 ans, Saracens, 21 caps).


Ces deux joueurs seront aussi des échecs et ne resteront pas plus d'une saison. Je ne cite pas l'exemple de Christian Loamanu (tongien d'origine), qui a évolué chez Toulon (2009-2012) et Provence Rugby (2016-2017). Il me paraît plus important de se focaliser sur les "japonais de sang" car la barrière culturelle est capitale dans l'échec de ces joueurs.


Par la suite, il faut attendre décembre 2011 pour voir le jeune Kotaro Matsushima (hafu et nippon par sa mère) arriver chez les espoirs du Stade Toulousain. Mais celui-ci ne restera que 6 mois et ne sera pas gardé car jugé pas assez physique.


En décembre 2011 toujours, l'ailier international nippon Yohei Shinomiya (3 caps), en provenance d'Italie, signe à 33 ans dans l'indifférence totale à Aix-en-Provence en Pro D2. Là encore, c'est un bide total. Le joueur japonais n'y restera que 6 mois.


Enfin en 2016, Toulon frappe un grand coup médiatique en signant Ayumu Goromaru (Reds). Mais à 30 ans, l'international nippon (57 caps), recordman de points avec la sélection du Japon, est très loin de sa condition physique de la coupe du monde de rugby de 2015. Ce dernier a passé son temps plus sur les plateaux TV qu'à l'entraînement. Son échec est total et logique. Il ne sera même pas utilisé pour buter, son seul et unique point fort...


Trois ans après, un international japonais débarque à nouveau en Top 14. Kotaro Matsushima (ex-Suntory Sungoliath) a signé à Clermont alors que l'historique est assez désastreux pour les joueurs nippons en France depuis une vingtaine d'années (hormis Wataru Murata).


Que cela ait été principalement par barrière culturelle (Daisuke Ohata) ou simplement pas au niveau sportivement avec l'exemple frappant de Ayumu Goromaru. Kotaro Matsushima semble lui pourvoir réussir à Clermont. La star nippone possède deux avantages contrairement à ses prédécesseurs. Il a le niveau sportivement et il n'a surtout pas la barrière de la langue. Il parle anglais et il va commencer à apprendre le français.

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