Pro League dès 2022: le rugby néo-zélandais sera impuissant face au rouleau compresseur japonais


Beauden Barrett a donc signé chez Suntory Sungoliath. Un contrat d'un an au final contre deux souhaité par l'équipe nippone au départ. La fédération néo-zélandaise résiste tant bien que mal ces derniers temps malgré une situation économique très fragile, mais à moyen terme, elle est condamnée à céder devant le rouleau compresseur japonais.


La franchise de Tokyo peut se contenter de la petite pige de Beauden Barrett. Car l'essentiel à court terme, c'est la dernière saison de Top League (janvier à mai 2021) qui déterminera en partie la division où évolueront les 25 équipes dans la future New League.


On peut le constater ainsi par exemple dans le recrutement phare de NTT-Docomo Red Hurricanes, équipe de bas de tableau, qui a signé de nombreux grands joueurs internationaux sur des contrats d'un an pour pouvoir rivaliser et gagner sa place. Pour donner une idée, imaginez une petite équipe en Top 14 comme Agen signer Makazole Mapimpi, Owen Williams, Franco Marais, Tom Marshall, etc...


Jusqu'ici, le rugby néo-zélandais a profité des calendriers décalés de Top League et du Super Rugby pour permettre à ses internationaux des piges fructueuses d'un an ou deux au Japon. Mais la donne a commencé à changer en 2020 avec le championnat japonais qui a démarré en janvier suite à la coupe du monde de rugby de 2019 au pays.


Le même problème va se retrouver en 2021 et ce n'est que le tout début. Le rugby nippon est en pleine restructuration et la future Pro League démarrera en 2022 pour s'aligner sur le calendrier international et favoriser la préparation des Brave Blossoms. Ce championnat se déroulera ainsi à la même période que le Super Rugby et sera donc un sérieux rival.


Pour la fédération néo-zélandaise de rugby, cela va devenir un problème majeur pour les années à venir. Car Madame Mayumi Taniguchi (directrice générale de la New League Corporation) a prévenu ces derniers jours dans la presse. L'objectif de la Pro League est de devenir le meilleur championnat de rugby à XV au monde.


Les nippons ont des objectifs très élevés (gagner la coupe du monde de rugby dans les 30 ans à venir notamment) et vont cibler de plus en plus les très grandes stars internationales et sur des contrats plus longs. Dès lors comment la NZRU peut-elle espérer résister?


La conséquence majeure à venir sera que cette dernière ne va plus pouvoir refuser à moyen terme la sélection de ses internationaux qui vont évoluer dans la future Pro League japonaise. Car depuis l'arrivée du professionnalisme dans le rugby il y a 25 ans, il y a toujours eu quelque chose de constant: le petit finit toujours par se faire dévorer.

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